RETRO TMT FESTIVAL

Sep 7, 2018

Ah c’est sûr. Fallait venir. Maintenant tu regrettes. Les 29 et 30 juin derniers, tu nous forcément entendu t’appeler depuis la Tuilière jusque tard dans la nuit. T’as d’ailleurs plusieurs hésité à enfourcher une bicyclette, un sakeboard, une vieille mule pour venir nous rejoindre. Pis finalement non. Tu te doutais pas qu’y aurait autant de magie. T’avais vu les affiches, okay (t’avais pas trop le choix). T’as même rencontré notre mascotte Timothy qui a sussuré à ton oreille « Fais pas le con Johnny, viens où tu vas le regretter ». Mais dans ce monde d’agressions promotionnelles consummeristes constantes, t’as joué les méfiantes, tu t’es dis je vais me faire rouler (même si EN PLUS le vendredi c’était entierement gratuit). Bah voilà ! T’as tout gagné. Tu t’es roulé tout seul.

Mais le kangourou est magnanime. Il te résume la soirée, te balance ses images pleines d’amour et de musique pour que l’année prochaine, tu te trompes pas de programme.

Euh oui naturellement si en fait t’es venu, oublie toute cette intro.

KINGS OF TOMORROW

18h : on ouvre le TMT Village sur la plage de la Tuilière. Un village dans un village, c’est complètement fou. Installé à côté de notre scène flambant neuve sur laquelle veillent projos et enceintes derniers cris, promesse d’un spectacle sans pareil, le TMT Village rassemble une petite communauté d’artisans et artistes de la région tous plus siphonnés les uns que les autres prêt à partager leur passion : souffleur de verre, sculpteur sur métal et bronze, grapheur, créateur d’accessoires de mode…


19h : y a déjà du monde, il est temps de faire du bruit. On ouvre la première séquence du festivall, le tremplin musical. Entrée en scène de Syls pour un set qui vient doucement t’envelopper de ses nappes cosmiques pour progressivement t’électriser les neuronnes a grand coup de riffs mordants, avec en fil d’Ariane la voix astrale du chanteur. C’est le début du tremplin, on dirait déjà le grand final. Arrivent Auré et ses musiciens. Mélodies enlevées et percussions exotiques, c’est un peu le vent du voyage. Bingo, c’est le titre de la première chanson. Tu commences à t’agiter le corps, à danser une banane aux lèvres, tu rêves de départ, t’aimerais t’envoler pour Bamako mais NAN fais pas le con, reste avec nous, c’est que le début.

Ils quittent la scène pour laisser place à Esparto. Il est seul c’est comme s’ils étaient quinze : les guitares se superposent, la voix s’exclame “Alerte rouge!” pour te signaler qu’il est temps de bondir. Esparto, c’est aussi le voyage mais sous la forme d’une course contre le temps et par-delà les murs. Tu t’enfuis avec lui, tu sautes, tu t’essoufles pauvre de toi mais impossible de t’arrêter à moins que… Voilà ! Il s’arrête et te libère. Tu respires mais le quitte avec regret. Le soleil est tombé. Makizar s’empare des lieux : batterie, guitares, clarinettes, ils tourbillonnent tout ça et t’en sortent un cri d’espoir revendicateur à mi-chemin entre le punk au grand coeur et le ska ultra-dançant. Le public a la fièvre. Les bougres savent ce que c’est que tenir une scène et font progressivement basculer la soirée dans le rock électrique bien vénère où ça commence à pogoter tranquillement. STOP ! Pas trop vite les amis. C’est l’heure du bilan.
Le jury délibère, ça s’engueule, ça se fritte, y a du sang sur les murs et des dents sur le sol. On annonce le gagnant. Esparto. La prochaine fois qu’il vient au TMT, il sera tête d’affiche et toi t’auras des posters de lui jusque dans ton pieux.

UN MONDE DE FOU

Sa seigneurie Carton fend une foule hystérique sur sa chaise à porteurs. Il fait nuit noire. Il est tend de foutre le bocson. Raoul Petite atterrit dans un tourbillon de plumes, de bulles et confettis. Au cours de la soirée, on te sert une bonne centaine de Carton différents : roi cornu venus des contrées lointaines, un esclave SM bien soumis, un capitaine de navire, une diva rock au manteau de fourrure… Tu sais plus ou donner de la tête, perdu entre un saxophone, un trombone et deux splendides choristes qui captureront le spectacle le temps « d’un Fouf Power » bien vénère. Les musiciens sont certes siphonés du bulbe mais ils ont de la magie dans les doigts : la bande-son est imparable. Les hymnes, tu les connais par coeur si t’es du Pays d’Apt, mais y en a un que t’attends comme un gosse parce que ça te démange dans les jambes… ah bah le voilà… Faut y aller ! Ca y est, on t’a perdu. On a perdu Carton aussi qui vient de plonger dans la fosse porté par une masse grouillante aux cinq mille bras. Le reste de la troupe tient la scène sans problème avant que la masse rende Carton à sa scène. Reconnaissant, il l’invite à le rejoindre sur scène. Te voilà en compagnie d’une centainent d’inconnus tiennent leur bière et d’un très connu qui tient le micro à danser sous les projecteurs. Feu d’artifice, le public et les Raoul ne font plus qu’un : y a plus de scène, plus de stars, plus de barrières, plus que du bon son et des bonnes âmes en fête.

Allez oust ! Vous en avez assez fait bande de malades ! On éteint les lumières. Au moment où devasté de bonheur, t’allais rentré chez toi, une voix inquétante résonne dans la Tuilière : « Bonsoir, nous allons jouer à un jeu. A partir de maintenant vous êtes dans mon royaume ». Des lasers percent la foule. Un beat mordant t’aggripe par le col. La nuit appartient aux Mac’N Prod. Les deux DJ ont décidé de t’achever en beauté, toi qui en redemande. Leur techno tribe t’hypnotise, t’affole les pieds, te retient parmi nous alors que le BPM s’emballe à mesure que la nuit file. Dans un bouillonnement d’éclair et de son, la soirée s’achève. Ca y est. Tu es libre. Tu vivras. Va leur raconter aux autres. Va leur dire ce qui arrive aux curieux qui s’égarent à la Tuilière au pays des kangourous.

DE LA DOUCEUR BORDEL

Vite, le bouton snooze. Quoi ? T’as pas beaucoup dormi ? Oh bichette. Nous on a pas dormi DU TOUT parce qu’on est trop occupé à ton bonheur (rappel : parce qu’on t’aime). Même traitement pour les villageois du TMT venus tôt ouvrir leur stands et présenter leurs merveilles. Fin d’aprem, enfin te voilà ! Si on commençait par une petite bière en famille. Sur scène, 20h, la vraie star du TMT 2018, Esparto, est venu enraciner sa victoire. Tu souris, tu connais le truc… et pourtant, rien a faire, il te cueille pareil, joue avec tes oreilles et ton corps et te repose là où il t’a trouvé. Trop facile. T’as rien vu venir.

La nuit tombe. La place de la Tuilière brille comme une étoile. Ca murmure dans les rangs. Parait qu’une autre étoile arrive de New York. Y a comme un voile qui tombe sur la scène du TMT, de tendres lueurs bleues, une leger brouillard blanc. On tend l’oreille. Le bourdonnement d’une contrebasse, le tintement d’un piano. Puis la silhouette gracieuse d’Ayo se dessine sous les projecteurs. T’as arrêté de bouger, de respirer, tes yeux sèchent à force de refuser de cligner et tu remercies l’évolution de ne pas cligner des oreilles. La voix ensorcelante d’Ayo infuse l’espace et le temps porté par un orchestre jazz classieux jouant les séducteurs. C’est parti pour une parenthèse magique d’hymnes soul universels et de folk pure où tu auras le temps de tomber mille fois amoureux. Hier le TMT t’as pris ton souffle, aujourd’hui il te prend ton coeur (certes pas tout seul). La parenthèse se ferme et l’étoile s’évanouit dans la nuit. Il est temps de se dire au revoir bonhomme. On a vécu des choses. On sera plus jamais les mêmes. Maintenant, toi et moi, c’est pour la vie. A l’année prochaine. Love.

Toutes les vidéos du TMT Festival sur notre chaîne Youtube

Nos superbes photos sont signées Loubna Cadoret :

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